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Jean-Luc Moudenc: En tant que Maire de Toulouse, mon objectif est d’améliorer la vie de mes administrés tout en défendant sur ma commune les valeurs de la République et celles de l’Europe

"Toulouse est un bel endroit à découvrir et à aimer. Nous vous attendons!"
  • mercredi 19 décembre 2018 17h10, -
  • Author Monika Dimitrova
Medium photo jlm
Source: P. Nin

Jean-Luc Moudenc est né le 19 Juillet 1960 à Toulouse. Il fait ses études à l’Université Toulouse 1 Capitole et travaille comme journaliste. Peu après avoir obtenu son diplôme, il entre dans la politique locale. Il est réélu Maire de Toulouse en 2014, après un premier mandat entre 2004 et 2008.

Pourquoi appelle t’on Toulouse, la «Ville Rose»?

C’est une bonne question! Il suffit de flâner un peu dans Toulouse en levant le nez – notamment dans le centre historique – pour s’apercevoir de la teinte si particulière de nos façades, entre ocre et terre de Sienne. Voilà l’origine de ce qualificatif. Ce «rose» particulier est la couleur du matériau de prédilection utilisé pour construire nos édifices pendant des siècles : la brique foraine, très spécifique par ses dimensions en 42 x 28 x 5 cm. Déjà utilisée à l’époque de la cité Romaine de Tolosa, la brique pare notre ville d’une riche palette de couleurs qui oscille du rose au rouge-orangé en fonction des heures du jour et des saisons.

Depuis 20 ans, Toulouse a le taux de croissance démographique le plus important du pays, et l’économie locale croît plus rapidement qu’ailleurs en France. A quoi est-ce dû?

Il est vrai que Toulouse est véritablement le cœur battant de notre Métropole des réussites. Nous y accueillons d’ailleurs plus de 12 000 nouveaux habitants par an et nous y dénombrons 15 000 naissances annuelles, soit 2% des naissances du pays. Par ailleurs, le PIB Toulousain a augmenté de +22% en dix ans. Pourquoi? Pour moi, la raison de cet attrait est simple : notre cadre de vie donne envie de venir ici, d’y fonder une famille et d’y avoir des enfants. L’identité de la ville génère de l’attractivité parce que la tradition d’innovation et d’entreprenariat y est forte. C’est indéniablement l’aéronautique et le spatial qui ont contribué à faire de Toulouse une ville attractive du point de vue économique. Mais d’autres secteurs y sont également largement représentés, à l’instar de l’intelligence artificielle, de la connectivité des objets, de la santé, des biotechnologies, de l’économie sociale et solidaire…  Nous avons d’ailleurs l’ambition d’installer à Toulouse un Institut interdisciplinaire d’Intelligence artificielle en réponse à l'appel à manifestation d'intérêt initié par Cédric Villani.

Toulouse figure parmi les villes les plus dynamiques et se développe continuellement. De nombreux projets sont en cours ou en préparation: pouvez-vous m’en dire davantage au sujet des plus emblématiques?

Nous avons lancé de nombreux projets d’aménagement urbain destinés à mettre en valeur notre patrimoine et notre qualité de vie, indissociables de notre identité occitane, tout en préparant la ville à recevoir de nouveaux habitants. Je pense notamment au projet Toulouse-Centre, conduit avec le concours de l’urbaniste catalan Joan Busquets, qui a transformé Barcelone. Il s’agit pour nous de remettre en valeur certains axes du centre, mais également de transformer les allées Jean Jaurès (axe reliant le quartier de la gare au centre-ville) en ramblas-jardins chaleureuses et méridionales.

C’est dans ce nouveau quartier que s’élèvera la tour Occitanie, signée de l’architecte international Daniel LIBESKIND, qui intégrera admirablement le végétal au bâti. J’espère d’ailleurs que cela provoquera, au-delà de l’admiration suscitée par la prouesse architecturale, un déclic pour l’ensemble des constructions à venir. Outre ces projets d’aménagement emblématiques, je tiens tout de même à préciser que 90% des investissements de la collectivité (ville et métropole) vont dans les quartiers périphériques au centre-ville.

Toulouse est au cœur de l’industrie aéronautique européenne. A la fin de l’année, vous prévoyez d’inaugurer l’espace mémoire de la Piste des Géants. Pouvez-vous m’en dire davantage à ce sujet? 

Il nous aura fallu 4 ans pour porter ce magnifique projet à son terme. Quatre années durant lesquelles, d’étape en étape, nous avons conçu, mûri, réalisé et affiné ce lieu d’érudition et de mémoire qui rend hommage aux pionniers de l’aviation civile en général et de la Poste Aérienne en particuliers; nous l’avons baptisé «l’Envol des Pionniers». A l’ouverture au public, les 22 et 23 décembre prochain – soit cent ans après la première liaison aérienne entre Toulouse et Barcelone – curieux et amateurs y découvriront des documents exceptionnels, des objets historiques uniques, et même un simulateur de vol de Bréguet XIV: les premiers avions exploités par l’Aéropostale dans le cadre des traversées transsahariennes.

Réalisé sur le site historique de la société des lignes Latécoère (devenue la Compagnie générale aéropostale en 1927), l’Envol des Pionniers se rattache à La Piste des Géants de Montaudran où se trouvent la Halle des Mécaniques, les Jardins de la Ligne et la Piste réaménagée. Cette dernière, tel un fil conducteur faisant la jonction entre les époques, relie l’Envol des Pionniers au bâtiment B612 où se prépare dès maintenant l’aéronef électrique de demain.

La ville compte deux biens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et partage des liens étroits avec l’histoire et la culture européennes. Comment préservez-vous et comment mettez-vous en avant ces atouts?

En effet, la basilique Saint-Sernin et l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques ont été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO il y a tout juste 20 ans, au titre du bien en série «Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France». Il ne faut pas oublier, pour autant, les 12,6 km de voies d'eau toulousaines du Canal du Midi et du Canal de Brienne, classées au titre du bien «Canal du Midi».

Toulouse est une ville d'art et d'histoire disposant d'un important patrimoine architectural, culturel et artistique que nous avons à cœur de préserver et de mettre en valeur. Nous nous sommes d’ailleurs fixé comme objectif de  faire classer le cœur historique de Toulouse. Cette ambition se traduit notamment  par nos actions en faveur de la rénovation de la basilique de la Daurade, des murs digues de Saget en brique en bord de Garonne, ou de l’Île du Ramier en cours de reconversion en un immense espace naturel au cœur de la ville.

Que pensez-vous du site web des municipalités européennes – TheMayor.EU, et de l’un de ses objectifs principaux qui est de permettre le partage d’expériences et d’informations entre les différents maires Européens? En quoi cela peut-il vous être utile?

Être maire est, à mon sens, le plus beau de tous les mandats. Je m’implique en politique depuis que je suis étudiant, avec la même passion, la même énergie qu’à mes vingt ans. En tant que Maire de Toulouse, mon objectif est d’améliorer la vie de mes administrés tout en défendant sur ma commune les valeurs de la République et celles de l’Europe.

C’est pourquoi j’ai souhaité que Toulouse figure parmi les municipalités européennes recensées sur votre site. Les retours d’expériences avec mes collègues constitueront un atout intéressant pour mesurer la progression de nos villes respectives au baromètre de la démocratie locale.

Par ailleurs, être maire en 2018 c’est être plus que jamais proche des habitants, entretenir des relations de coopération avec les collectivités et leurs représentants. Ce savoir-être est propre à chacun, mais il peut être utile de le partager pour s’améliorer, tout simplement.

Toulouse est une destination touristique de choix. Que diriez-vous aux touristes désireux de la visiter?

Je leur dirais qu’ils ne se trompent pas en choisissant Toulouse pour destination! Avec son climat avantageux, son riche patrimoine, son dynamisme, sa douceur de vivre méridionale et sa légendaire convivialité (convivencia), Toulouse est un bel endroit à découvrir et à aimer. Nous vous attendons!